Projet sur les sages-femmes en Allemagne

Pourquoi seulement un quart des sages-femmes allemandes actives pratiquent les naissances ?

… pour Lila

The midwifery project - Hebammenprojekt - Projet sur les sages-femmes en Allemagne

Aujourd’hui, nous célébrons la Journée Internationale de la Sage-femme. C’est pourquoi j’ai choisi de publier mon travail aujourd’hui le 5 mai.

C’est mon premier projet de photographie et c’est né enfin !

Il n’aurait pas pu se concrétiser sans l’aide des sages-femmes que j’ai rencontrées en Allemagne durant mon voyage, d’octobre 2016 à janvier 2017. C’est un message spécialement dédié aux sages-femmes du monde entier. Un chaleureux remerciement pour leur boulot ! Que nous devrions célébrer chaque jour et surtout aujourd’hui, nous célébrons la vie avec vous, sages-femmes !

Il y a tellement de choses à dire sur ce que j’ai vu et entendu pendant ces mois, que j’ai décidé de publier mes travaux en plusieurs parties. Ainsi, après l’introduction que j’ai publiée sur mon blog en janvier, voici la première partie, sur les premières sages-femmes que j’ai rencontrées à Ratisbonne en Bavière, en essayant d’expliquer pourquoi seulement un quart des sages-femmes allemandes actives pratiquent les naissances.

Rappel: Je ne suis pas une sage-femme, pas un médecin, pas un statisticien ni un journaliste. Tout ce que j’écris ici est mon point de vue personnel et conclusion personnelle qui n’engage que moi. Je ne suis qu’un citoyen concerné.

Les sages-femmes en Allemagne – Partie I

Pourquoi seulement un quart des sages-femmes allemandes actives pratiquent les naissances ?

J’ai commencé par contacter des sages-femmes sur internet simplement en tapant le mot clé « Hebamme » (Sage-femme en allemand) sur Facebook. Je leur ai demandé si je pouvais les accompagner pendant leur journée de travail. J’ai envoyé des messages à plus de 150 sages-femmes; Indépendantes, travaillant dans des hôpitaux ou dans des maisons de naissance. Je leur ai expliqué que je voulais faire une contribution a leur combat pour améliorer leur conditions de travail, faire bouger les choses. Le Deal était de prendre des photos d’elles et de leurs patientes et que ces images soient libres d’utilisation pour elles: Sites internet et tout ce qui était communication, des souvenirs photos pour les mamans et futures mamans.

J’étais très surpris d’avoir des retours positifs, plus de 15% et c’était suffisant pour moi. Après tout, je ne faisais pas une enquête statistique. Je n’étais pas convaincu que cela fonctionnerait. Entre nous, qui veut d’un homme étrangé, ne parlant pas l’allemand qui vient avec son appareil photo, entrant dans l’intimité des familles qui vont être parents ou qui viennent juste de le devenir ? Et bien, oui beaucoup ! Les sages-femmes et leurs patientes m’ont ouvert la porte et m’ont accueilli chaleureusement, alors qu’elles vivaient l’un des moments les plus précieux et intimes de leur vie.

Sages-femmes en Allemagne – Ratisbonne

La première sage-femme qui m’a répondu était Theresa. Elle m’a proposé de venir à Ratisbonne et de la suivre pendant ses journées et celles de ses collègues selon leurs plannings durant la semaine que j’allais passer là-bas.

Theresa partage un cabinet de sage-femme avec deux autres collègues. Sarah et Rebekka. Elles ont toutes choisies la profession pour différentes raisons, mais ont fait ce choix très tôt dans leur vie. Rebekka, par exemple c’était son, rêve d’enfant. Elle savait dès la maternelle qu’elle serait sage-femme, alors que Sarah a choisi le métier car elle a assisté la sage-femme qui aidé sa mère pendant l’accouchement de son petit frère.

Dans ce charmant cabinet, les trois sages-femmes pratiquent des soins prénataux et des soins postnataux. Elles offrent également des conseils sur la nutrition, des cours de yoga, de massage les nouveau nés bébés, des sessions de relaxation, détente et du sport avant et après l’accouchement.

J’ai eu une question stupide à poser aux trois sages-femmes. Je leur ai demandé séparément pourquoi elles ne font pas d’accouchement. Ce sont pourtant des sages-femmes, elles ont eu pratiquement toutes la même réponse:

Nous ne pouvons pas nous le permettre ! Le prix de l’assurance pour sage-femme a tellement augmenté au cours des dernières années que cela nous coûterait plus de 7 000 € par an si on voulait en faire.

J’ai commencé à chercher quelles était les raisons de cette augmentation de prix et qu’elles étaient ses conséquences sur la profession. En gros, trois grandes compagnies d’assurance couvrant les sages-femmes ont fusionné; du coup elles ont eu le champ libre pour augmenter et imposer leurs prix, ayant éliminé la concurrence.

Vous me direz alors pourquoi les sages-femmes ne travaillent elles pas dans les hôpitaux? Il y a du travail pour les sages-femmes, nous entendons encore parler de certains hôpitaux qui ferment leur maternité plusieurs jours parce qu’il n’y a pas assez de sages-femmes. Voici mon point de vue:

Imaginez que vous choisissiez cette profession pour ses côtés naturels mélangés à beaucoup de connaissances sur la gynécologie, l’obstétrique , la psychologie, la nutrition … et tant d’autres connaissances requise pour être une sage-femme (Désolé de ne pas toutes les citer). Vous prenez votre premier boulot et vous vous retrouver dans un hôpital en faisant trois accouchements et parfois beaucoup plus sur une journée ou nuit de 7 heures. Vous n’avez pas le temps de prendre soin de la future mère, lui parler, travailler sans avoir à courir d’une salle de travail à une autre. Il est probable que vous ne seriez pas attiré par cette façon d’exercer votre profession et peut être même pas pour avoir votre bébé là-bas. Dans ces conditions, vous allez chercher d’autres façons d’accoucher et de vivre ce moment important. Des méthodes alternatives et naturelles existent. Donner naissance à la maison ou dans un centre de naissance de manière naturelle peut être un choix. Parce que la grossesse et l’accouchement sont quelque chose de naturelle : La grossesse n’est pas une maladie, n’est-ce pas? C’est ce choix qu’ont fait les sages-femmes que j’ai rencontrées. C’est ce dont je souhaite vous parler dans mon prochain article: Comment nous nous sommes retrouvés dans un système de santé qui considère la grossesse et l’accouchement comme une maladie.

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